-Fonctionnement

Aider son enfant à se concentrer dans l’apprentissage

Aujourd’hui je tente d’écrire un article sur la concentration, ou plutôt comment j’aide ma fille à apprendre à se concentrer. Ce n’est pas une recette, mais un article personnel.

Déjà, il faut savoir distinguer concentration immédiate (je choisis dans le frigo ce que je vais manger) et  concentration prolongée (celle dont nous avons besoin pour apprendre).

concentration

Ensuite, il faut avoir en tête, ce qu’on peut lire un peu partout:
De 3 ans à 6 ans : 10 min pour une explication, 20 min pour un exercice

Pour finir, la concentration varie en fonction du type d’intelligence qui est stimulée:

-intelligence kinesthésique (agilité, coordination…)
-intelligence interpersonnelle (compréhension des autres, faculté à établir des relations)
-intelligence intrapersonnelle (capacité à se comprendre et se connaître)
-intelligence logique et mathématique (logique, calcul mental)
-intelligence spatiale (orientation dans l’espace)
-intelligence musicale (sens du rythme et harmonie)
-intelligence linguistique (langage et communication)
-intelligence naturaliste (observation, classification de la nature sous toutes ses formes)

Donc déjà, à ce stade, nous pouvons se poser et observer son enfant.

1 Connaître et observer son enfant

A-t’il l’habitude d’évoluer dehors, d’observer la nature ? est-il très agile au parc sur les différentes structures ?
Comment se comporte-t-il avec les autres ? et avec lui-même, arrive-t-il à mettre des mots sur ses émotions/comportements ?…

L’observer jouer, s’ennuyer, évoluer… pour avoir une idée sur sa manière de faire.
Ma fille a souvent besoin de passer par une phase d’ennui pour se lancer dans une activité.
Elle est facilement distraite par les bruits extérieurs et toutes les stimulations sensorielles… La moindre étiquette sur un vêtement, tissu mouillé, vêtement trop serré et j’en passe, lui rend impossible toute concentration.

Chez ma fille, on note des différences de concentration en fonction du type d’intelligence stimulée. Je parle bien de concentration et non de compréhension.

 

2 Connaître les freins à la concentration

Mauvais sommeil, mauvaise alimentation, manque de sortie extérieure, mauvaise gestion des émotions, mal être… et trop d’écrans.

Chez ma fille, sa capacité de concentration est clairement inversement proportionnelle au temps qu’elle passe devant les écrans.

3 Activités et type d’intelligence

C’est très schématique, mais voici un classement grossier d’activité par type d’intelligence.

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intelligence kinesthésique
manipulation d’objets, coordination, toucher, activités physiques

-intelligence interpersonnelle
jeux d’équipe, aimer travailler en groupe, avoir beaucoup d’amis et être à l’aise dans un groupe

-intelligence intrapersonnelle
savoir se motiver seul(e), autodiscipline, être capable de savoir se fixer un objectif réaliste

-intelligence logique et mathématique
questionnement sur le pourquoi et le comment, recherche de lien, besoin de comprendre les règles et principes.

-intelligence spatiale
expliquer avec un croquis/dessin, puzzle, tri et organisation

-intelligence musicale/rythmique
retenir une chanson, danser sur un rythme, être affecté par une musique, fredonner souvent

-intelligence linguistique
raconter et écouter des histoires, jouer avec les mots, discussion facile… 

-intelligence naturaliste
observer, classer, regrouper les éléments d’un environnement naturel

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Par exemple, ma fille est capable de se concentrer longtemps sur un puzzle ou dans un environnement naturel (regarder les détails lors d’une ballade, chercher les animaux, observer les différentes fleurs…) mais va avoir beaucoup plus de mal à manipuler, du fait de son hypersensibilité sensorielle.
Elle a besoin de passer par le collectif, faire participer l’environnement (les poupées, les jouets) et avec de l’humour ainsi que comprendre la logique des choses.
Elle est très motrice et apprend/se concentre dans l’action.
Contrairement à moi, qui ai besoin de travailler seule, dans un cadre calme, en étant focus sans aucune distraction autour, selon mes propres motivations et en me connaissant, avec un but bien défini.

On comprend déjà que selon le type d’activités, la capacité de concentration ne sera pas la même. Si un type d’intelligence prédomine alors il est beaucoup plus facile de se concentrer dans une tâche, car cela demande moins d’effort.

4 Aider son enfant à se concentrer en pratique

Expliquer la « leçon » selon son/ses types d’intelligence.
Passer 10 minutes sur un support visuel où il n’y a que du texte, alors que l’enfant a besoin d’un croquis pour comprendre ou à besoin de voir l’adulte manipuler et de mouvement pour se concentrer, c’est très difficile.

Faire manipuler du matériel sensoriel à un enfant, qui a une hypersensibilité sensorielle, c’est inefficace.

On peut apprendre la comptine numérique en ramassant des cailloux dans un panier, les tables de multiplication en manipulant des groupes de cubes ou avec des exercices moteurs (type chaise musicale), ou encore avec un cd audio (apprendre en chantant).

On peut passer par l’humour en racontant une histoire avec suspense et intonation pour introduire une leçon ou encore passer par du sensoriel (chiffres et lettres rugueuses).
Enfin, certains enfants ont besoin de pouvoir prendre leur temps, de se poser sur un support papier avec un crayon pour réfléchir. Le mouvement les distrait.

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Apprendre en jouant avec des chasses au trésor, rallye, visite de lieux, jeux collectifs en variant les supports et les situations, c’est ce qu’on essaye de faire ici.
Toujours passer par le concret avant de partir vers de l’abstrait et expliquer le but du jeu/de l’activité avant de démarrer.

En connaissant bien son enfant, et en adaptant la manière dont on va faire passer l’explication, cela va lui demander moins d’efforts car la capacité à se concentrer sera plus forte si on utilise les types d’intelligence dominant (moins d’efforts à fournir).

Personnellement, j’ai besoin après une explication de prendre une grande feuille blanche et de réaliser un croquis/carte mentale/sommaire d’une leçon pour classer les informations de manière visuelle et logique.

Je n’aime pas qu’on me dérange pendant un film ou une lecture, je suis concentrée à 100% sur un support écrit ou vu. Je n’arrive pas à me concentrer au maximal, s’il y a plusieurs personnes dans la pièce qui me parle.
Je ne supporte pas de lire deux fois le même livre ou regarder une deuxième fois un film (même 10 ans après). Je décroche si on m’explique quelquechose sans que je puisse prendre des notes et interrompre.
Je n’aime pas lire un livre si je ne sais pas de quoi il parle (idem pour les films).
J’ai besoin de voir savoir à l’avance ce qu’on attend de moi à un examen, avant d’apprendre.
Je peux apprendre passivement seule mais activement dans un groupe.
Je peux apprendre 4 copies doubles par coeur, mot à mot, si j’apprends en chantant/rythme dans ma tête…

Chaque adulte est différent comme l’est chaque enfant.

Pour un enfant qui a besoin de mouvement, on peut imaginer réaliser différents affichages dans une pièce et le laisser se balader d’un support à l’autre.
Pour ceux qui ont besoin de croquis, on peut travailler sur un tableau velleda pour expliquer.
On peut travailler avec des expériences, manipulations, maquettes pour introduire de nouvelles notions.
Si l’enfant a besoin d’humour et de collectif, on peut faire participer la famille, les playmobils, les poupées, des marionnettes…
Enfin, pour ceux qui ont besoin d’un lien logique, on peut présenter la leçon en posant des questions, faire appel au sens de déduction « à ton avis, tu sais pourquoi….? » de manière à capter leur attention.

Et bien sur, pour amener l’enfant à se concentrer en utilisant d’autres types d’intelligence, il faut commencer petit. Prévoir une leçon de 1 à 2 minutes et augmenter progressivement la durée.

Si on veut l’emmener vers un travail automne assis sur une chaise en bois, devant un support écrit parfois peut engageant, pour un enfant à qui cela ne convient pas, comme ma fille en ce moment, j’utilise lors des cours particuliers:
-un environnement neutre
-un support assis agréable où l’enfant peut varier les positions
Exit les chaises en bois, bienvenu au siège ballon ou travail sur la table basse
-un bureau épuré
Le moindre capuchon de stylo qui traîne suscite parfois un décrochement
-donner un but (on finit ça et après on va…)
Par exemple, un enfant à qui je devais faire l’aide au devoir tous les soirs, et qui n’en avait aucune envie, on coupait le temps en deux: 20 minutes de devoir et 20 minutes où je lui apprenais à coder sur un ordinateur ou encore pour une autre 20 minutes pour faire une recette de cuisine (j’essayais au mieux de trouver un lien entre les devoirs et la leçon plaisir).
féliciter à chaque 1% complété, en utilisant un discours positif et rassurant voire de mise en valeur
Rassurer, féliciter, mettre en avant, encourager de manière intensive et exagérée
Ce sont des méthodes que j’ai déjà utilisées en soutien scolaire mais qui ne fonctionne pas au quotidien si on n’adapte pas le support présenté lors de la partie « leçon » et pas vraiment non plus à moyen terme.

Comme nous sommes en instruction en famille, je n’agis pas comme cela pour le moment, mais j’écris mon expérience, si cela peut servir.

 

5 Des petits exercices pour apprendre à se concentrer

Prendre le temps de se poser et d’observer un objet sous toutes ses coutures, se focaliser sur les détails.

Faire des exercices de méditation.

Passer par les jeux de sociétés pour développer la logique/ l’attente/ la manipulation…

Prendre le temps pour raconter sa journée, ce que l’on a vu/entendu/vécu..

Travailler la gestion des émotions.

6 Cas particulier

 

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L’aversion au délai: certains enfants ont une aversion au délai extrêmement forte voire « pathologique ». Le moindre moment d’attente, de blanc, un élément extérieur peut les déconnecter et ils restent passifs, perdus dans leurs pensées pendant de longues minutes.
Dans ce cas,  un bilan avec des professionnels de santé peut aider.

Les dys: dysgraphie, dyspraxie, dyscalculie, dyslexie… nécessite aussi un bilan et des professionnels compétents pour aider l’enfant et un travail régulier avec une orthophoniste/psychomotricienne va porter ses fruits à moyen terme.

Pour ces deux cas, connaître leur type d’intelligence peut énormément aider.

L’aversion à l’effort: quand tout parait trop dur et trop difficile, même des choses du quotidien (ranger par exemple ou le travail de motricité fine chez nous), j’essaye de donner un but clair et faire un gros travail de confiance en soi (regarde comme tu le fais bien), en proposant des choses qu’elle a envie de faire et qu’elle aime (ramasser des fleurs dans le jardin en les coupant avec un ciseau, ouvrir les emballages des courses…).

L’ennui: certains enfants ne font preuve d’aucune motivation, s’ennuient et l’affirment facilement, sont découragés et même peuvent passer pour des cancres.
Il faut parfois augmenter le niveau d’un cran pour capter l’attention.
On le voit assez vite, ils décrochent dès le début d’un exercice où il y a une répétition, ou lors d’un jeu de société quand ils ont déjà anticipé les prochaines actions.

L’avantage du homeschooling :
On s’adapte au rythme de l’enfant, en suivant ses intérêts et son mode de fonctionnement, donc oui l’apprentissage est beaucoup plus facile, tout du moins pour les plus jeunes.
Après si l’on suit les programmes de l’Education Nationale, il faudra certainement passer par des sujets qui intéressent moins l’enfant selon un rythme qui ne lui est pas forcément propre, et dans ce cas bien connaître son enfant, sa capacité à se concentrer selon ses types d’intelligence, peut permettre de rendre l’instruction en famille, beaucoup plus facile et agréable.
En pur unschooling (sans suivre de programme), l’enfant évolue à son rythme, sans programme, sans objectif par rapport à l’âge, donc ces problèmes ne se posent pas. Il va apprendre seul sa façon d’apprendre et de se concentrer.

 

Pour conclure

Ce n’est certainement pas une recette magique, c’est une opinion personnelle sur la manière que j’utilise avec mon propre enfant en instruction en famille tout en suivant les programmes de l’Education Nationale.

J’utilise aussi cela pour les dizaines d’enfants que j’ai eu en cours particuliers.

Expliquer les mathématiques à un enfant complètement réfractaire au no-mouvement, aider un enfant avec zéro estime et confiance en lui à réussir un examen, apprendre à des enfants à apprendre seul selon leur mémoire/type d’intelligence, les amener à se concentrer pendant 1h pour du soutien scolaire.

Expliquer le pourquoi du comment, à un enfant qui a juste besoin de prendre du temps pour rentrer dans l’exercice…
ou justement enchainer les exercices sans jamais expliquer à l’enfant pourquoi on apprend cela, concrètement d’où vient ce théorême… pourquoi on appelle un crayon, « un crayon » ?

Pour conclure, je passe énormément par le jeu comme vous pouvez le voir sur mon compte instagram.

Et je ne dis jamais que ma fille ne sait pas se concentrer, mais qu’elle ne sait pas se concentrer sur telle tâche quand tel type d’intelligence est mis en avant.

concentration blague

 

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